A grands coups de mots qui blessent

Publié le par Mademoiselle La Démone

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Cet article fut commencé le 7 décembre lors d'un pique dans la petite crise existentielle que je viens de traverser. Cet article marque donc la fin de la crise, pas une fin définitive, disons que le trop plein est parti, que je peux à nouveau encaisser et le garder à l'intérieur de moi au lieu de dire d'emblée que cela ne va pas. Cet article est donc un concentré de ce qui fut écrit durant la crise, un concentré pudique et non un concentré de griefs jetés nus aux yeux de tous.

Ces mots qui blessent je les ai écrit. Pourquoi ? Pour les voir là devant moi, pour qu'ils sortent de mon esprit, pour qu'ils perdent de leur violence. Ces mots qui blessent je ne les ai pas mis sur le tapis d'une discussion. Pourquoi ? Pour ne pas pleurer à nouveau, pour ne pas avoir des échanges plus frustrants que libérateurs, pour ne pas affronter encore et toujours les mêmes ennemis. Ces mots qui blessent ne sont pas exempts de vérité, ils sont justes aiguisés comme la lame de milles épées, arrivent au moins le plus inattendu et se plantent là où les cicatrices sont encore ouvertes. Ces mots qui blessent viennent de gens qui m'aiment, d'étrangers qui ne connaissent rien à ma vie mais qui détiennent un certain pouvoir sur elle.

Mais quels sont ces mots qui blessent ? La liste est longue et pourtant toujours la même. J'ai préféré enlever les phrases de ma mémoire à grand coup de larmes. Ce qui me reste ? La fatigue d'avoir pleuré, un regard fuyant, une âme lacérée. Et ce qui est au centre de ces mots, ce qui constitue la blessure toujours brûlante, saignante, béante : le sentiment d'être inutile et incapable.

Peu importe le domaine, peu importe celui qui blesse, le constat est toujours le même : je n'ai et ne fais plus rien de bien. Je devrais tout changer, tout abandonner pour devenir une autre. Mais quel autre ? Et pourquoi celle que je suis n'est plus acceptée ? Est-ce sa fragilité, ses rêves, son passé ? Est-ce son manque de sourire, de joie de vivre ? Mais comment être forte, comment s'assumer, comme être heureuse quand on ne fait que vous jeter à la figure ce qui ne va pas, ce que vous ne réussissez pas, ce que vous n'êtes pas ? 

Je suis loin d'être parfaite, j'ai traversé une année horrible, j'ai fait souffrir comme jamais malgré moi. J'essaie de guérir de toutes les blessures mais on ne croit plus en moi, on hausse les épaules : de toute façon cela ne changera rien, j'ai perdu. Perdu ma personnalité, perdu ma santé, perdu ma situation. 

J'ai cru pouvoir vivre avec ces mots qui blessent, j'ai cru pouvoir y être indifférente, j'ai cru pouvoir les combattre, j'ai cru pouvoir ... mais je ne peux pas, je suis inutile, incapable. Je suis une petite fille que les mots ont toujours blessé et blesseront toujours plus que les coups. Je suis une petite fille qui devra toujours se cacher pour pleurer, je suis une petite fille qui devra supporter de voir ses rêves brisés, je suis une petite fille qui aura toujours l'âme torturée...

... Mais cela ira. Je sais voir les rayons de soleil que le destin met dans ma vie. Je sais garder espoir. Je sais avancer malgré les obstacles...

... Je vais bien.

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Sylvania 10/01/2013 16:22


Lu et savouré chacun des mots écrits, parce que se reconnaît tellement dans ce cri...