Du Domaine de l'infidélité

Publié le par La Démone

Quand l'infidélité apparaît notre société prend deux positions : soit c'est un sujet tabou dont il est interdit de parler en public ; soit une notion désuète dont on rigole, dont on feint de ne pas prendre au sérieux. QUoiqu'il en soit, l'infidélité est une notion aux limites changeantes d'un être à l'autre et c'est bien en ce point que réside l'épineux. 

Comme beaucoup, avant, je disais : "Jamais ! S'il me trompe, je le quitte !" et j'ai ravalé ces mots à m'en étouffer. Je suis restée, à chaque fois, ai-je pardonné ? Non, ai-je accepté les différents degrés d'infidélité ? Oui. Et le plus pathétique est que j'en viens à être persuadée que c'est de ma faute ! 

Mais tout d'abord : Qu'est ce que l'infidélité ? Vous avez 4h, bonne chance ! Je ne peux la définir pour les autres, même les dictionnaires en donnent plusieurs sens, tenez : 

1. D'après Le Trésor de la langue française

  • Manque de fidélité. a) Inconstance dans le service d'autrui. b) En particulier dans la vie amoureuse ou conjugale : Action, fait de tromper son partenaire. c) Par rapport à une obligation Lâcheté. d) P. ext. Malhonnêteté.
  • Manque de conformité à la réalité, à un modèle, à un original.

De quoi rappeler que l'infidélité ne se résume pas au corps et surtout au sexe. 

2. Coucher avec une autre ou un autre.
Mon ex-copain l'a fait plus d'une fois, ayant même mis une autre enceinte avant de refuser de participer à l'avortement... la fille avait seize ans. Je l'ai appris de la fille même. J'ai fait une crise mais je suis restée jusqu'à ce que je n'éprouve plus le moindre sentiment et croyez-moi cela m'aura coûter très cher financièrement et émotionnellement.
3. Tromper sur Internet ou par sms.
On entre dans le borderline qu'il s'agisse de sites de rencontres ou d'échanges sur les réseaux sociaux. La question est : les mots comptent-ils ? Pour moi oui. Les mots et les photos comptent autant que les actes. Pourquoi dirait-on des mots doux et des plus crus à un autre si on se sent bien avec la personne qui partage votre vie ? Quatre ans de relation, quatre écarts de sa part avec en prime le jugement de ses filles : c'est de ma faute, elles ne font rien de mal. Le mal dans mon couple c'est moi. Pas lui, ni elles, juste moi.

 

Qu'ai-je fais ?

 

1. La discussion : dans un couple, il faut discuter... alors quand c'est en espionnant votre compagnon que vous apprenez son infidélité, que vous découvrez les mots et les photos, je n'ai pas commencé par discuter mais plutôt par hurler, cracher, grogner. A chaque fois, j'ai d'abord vidé mon sac avant d'avoir cette horrible question que je trouve d'une lâcheté absolue : "Maintenant que veux-tu décider pour nous ?" Il sait que la gifle n'est pas loin et mes poings serrés me permettent toujours de ne pas devenir violente. Néanmoins après la colère, les pleurs, on discute ou plutôt l'un pose des questions plus ou moins malsaines la curiosité est terrible ici, l'autre ne fait que répondre craignant à tout instant la réponse fatidique et destructrice : "Je te quitte."

2. La sexologie. Il faut essayer avant de juger, pour moi ce fut un choc : c'est bien parce que je n'ai pas confiance en moi que je suis trompée. C'est parce que je ne lui dis pas mes doutes et ne l'avertit pas du danger que je suis trompée. C'est de ma faute ! Et en prime, j'ai été comparé à une télé : ce n'est pas parce qu'on examine un modèle que l'on va jeter celui que l'on a ! Cinquante euros la séance pour entendre dire à son conjoint qu'il ne fait rien de mal et qu'en plus c'est de ma faute uniquement... Pourquoi reste-il si je suis le problème ?
L'infidélité est traitée de telle façon qu'elle est accepté de tous même mieux elle est devenue normale comme un facette banale d'une vie de couple. Bien entendu, on n'aborde pas le sujet à table avec des amis ou sa famille, on ne pousse pas le bouchon aussi loin. Mais l'infidélité doit être vue comme un moyen de pimenter le couple, de permettre à l'autre de s'épanouir en réalisant avec d'autres, ce que vous n'acceptez pas de faire. 

3. Reconnaître que cela détuit : il m'aura fallu cinq ans pour le faire comprendre à M. Ange. Il aura fallu des jours et des nuits de larmes, de distance, de discussion dans le noir pour qu'il comprenne que le mal pouvait aussi venir des autres, que si je ne lui suffisais pas il n'avait qu'à être honnête. Que le plus douloureux, c'est d'être la dernière informée. Pour cela il a fallu que j'aille loin. Un jour, je lui ai dis que je l'autorisais à avoir des amantes mais qu'il avait interdiction de dépenser le moindre centime sauf en préservatif, qu'il avait interdiction d'avoir des enfants avec elle et le coup de grâce qu'il devait leur faire comprendre que l'officielle, l'épouse, c'était moi quoiqu'il arrive. Le mettre devant cette vision de la vie à deux, une vision bien ancienne, lui a fait l'effet d'un électrochoc et il s'est remis en question. J'ai envie de dire : Alléluia ! 

 

Aujourd'hui, l'infidélité m'a détruite : je l'aime toujours mais je ne suis plus amoureuse. Et cette différence fait qu'un lien est à jamais détruit dans un couple. Maintenant deux solutions : se séparer ou se reconstruire. Nous avons choisi la seconde, ce n'est pas facile mais je lui ai dit et je le répète : "ces autres ne gagneront pas, si je suis mauvaise, alors je vais honorer mon pseudonyme, je serais une démone et je déchaînerai les enfers sur quiconque osera désormais attenter à mon couple." 

 

Et, vous, que pensez-vous de l'infidélité ?

L'avez-vous vécu ? 

Publié dans Le Couple

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