Cette lettre que je n'enverrai jamais

Publié le par La Démone

Voici une lettre écrite en décembre après ma crise existentielle. Je pense ce que j'y dis mais cela s'adresse à des personnes qui ne liront probablement jamais mon blog. Le publier est une manière de tourner la page, vos commentaires sont les bienvenus mais n'y voyez aucune obligation : je vais mieux, je reconstruis pierre après pierre.

A vous, ma famille, mes amis, mes supérieurs (profs et employeurs), mes collègues,

Les mots qui vont suivre sont ceux d'une personne brisée, d'une personne qui n'attend plus rien de vous. Les mots qui vont suivre sont des rêves brisés par vous, par la vie.

Petite, tout comme vous, j'avais des rêves irréalisables et farfelues mais aussi des rêves possibles, du moins je l'ai longtemps cru...

  • Je voulais être aimée de tous. 

Pour cela j'ai obéi aux règles, j'ai tenté de plaire à tout le monde. J'étais la petit fille sage, je voulais être la petit fille qu'on aime, qu'on complimente... Mais je n'ai été que la petite sage qu'on remarque quand elle commet des bêtises, des erreurs. J'étais la fille trop obéissante, trop influencée, j'étais un meuble qu'on voit que quand il ne fonctionne plus.

Aujourd'hui, je suis un meuble détruit, vous pouvez me jeter. 

  • Je voulais être professeure de français.

Quel projet idiot, stupide et prétentieux ! A vos yeux mes études ont été passablement réussis, toujous quelqu'un de ma génération réussissait mieux que moi. Quatre années pour obtenir le concours, je n'avais à vos yeux aucune idée des frais engendrés, payés par mes parents. Je n'avais nulle idée de la réalité de la vie, moi qui passais mes journées et mes nuits le nez dans les bouquins. Et tout cela pour quoi ? Pour qu'on me dise après obtention du concours, que je n'ai pas un niveau de connaissances suffisantes pour valider un diplôme de second cycle, donc pas de Bac+5, la réforme fait sa loi : je pers le concours. A nouveau je n'ai eu que des phrases baignées de pitié au contenu redoutable : change de voie... tu n'es pas faite pour ce métier... fais autre chose.

Mais j'ai persisté, je suis devenue contractuelle. Quelle erreur ! Profs et élèves m'ont pris de haut parfois. Mais le plus dur ce sont les préjugés sur le métier, sur la matière ; les plaisanteries mi-figue mi-raisin lancées quand on me présente et/ou dans les soirées. 

Maintenant vous pouvez ajouter ma démission à vos remarques, à votre image pathétique de moi. 

Aujourd'hui je continue mais je ne vous en parle plus.

  • Je voulais partager mes joies et mes peines

Le destin s'est chargé de tout m'interdire : je n'ai jamais accueilli ma famille chez moi, je n'ai jaimais fait de crémaillère, je n'ai jamais envoyé de faire-part, je n'ai pas eu de fiançailles et je sens que je n'aurais pas de mariage correspondant à mes rêves. 

Vous appelez pour donner des nouvelles, c'était sentir que je vous gênais, que mes soucis n'étaient rien, que tout le monde en avait et les miens étaient dérisoirs, indignes de votre intérêt. 

Aujourd'hui, mes joies et mes peines vous sont interdits.

Je ne peux pas être simplement comme tout le monde, je ne peux pas mener une vie simple comme vous. Alors aujourd'hui, je vous dis adieu. Aujourd'hui tout ce qui fait ma vie ne vous regarde plus, ne vous parviendra que par personnes interposées. Aujourd'hui, je suis fatiguée de vouloir être comme vous, d'avoir votre reconnaissance. Aujourd'hui j'ai compris : je suis une incapable, inutile et inintéressante, je vais donc sortir de vos vies. 

La fille qui voulait être aimée de vous.

Publié dans C'est dans la tête

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jamyness 07/02/2014 16:58

vit pour toi les autres c'est secondaire ils n'ont été que le reflet du mirroir de ce que tu pensais de toi à ce moment si tu travaille à ta propre guérison tu verras les choses autrement et les autres te verront différemment aussi il n'y a rien de plus important que s'écouter et faire ce que l'on veut pour nous pas pour les autres travaille à tes guérison et tu verras des miracle s'accomplir ,gotta bis et que le meilleur pour toi